Le vrai prix des bonnes choses

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Oui je sais, ce slogan n’est pas d’hier, mais il est encore d’aujourd’hui. Et prend un sens tout particulier à l’ombre des événements que nous traversons ces derniers mois.
Nous savions déjà que premièrement ce n’était pas le « vrai prix » et deuxièmement que ce n’étaient pas de « bonnes choses ». Les producteurs et productrices nous fournissaient régulièrement des indices nous mettant la puce à l’oreille quant au retour effectif de leurs investissements en temps et en argent nécessaires à la fabrication des dites « bonnes choses » et nos papilles n’étaient pas en reste pour nous avertir des dangers gustatifs et digestifs que nous courrions en les consommant.
6 ans plus tard, le Covid est passé par là et si l’on y a échappé, on a encore tous nos sens pour trouver qu’il à un parfum évident de m… mauvaise foi, ce slogan.

En France, une étude* parue dans le Lancet en Mai 2019, révèle que 100 personnes sur 100 000 décèdent de maladies liées à une mauvaise alimentation (et d’après la revue, on est carrément pas mal placés du tout).
Dans l’ordre des causes de décès, les maladies cardio-vasculaires arrivent en tête, suivies des cancers et des diabètes type 2.
Donc la malbouffe tue plus d’humains que l’alcool, le tabac, la route… la chasse.
J’attire votre attention sur le fait que cette étude ne précise pas avoir tenu compte de l’origine des produits qui constituent ladite alimentation. Pas de nuances quant au Bio, produits « préparés » ou fait maison, production artisanale ou industrielle… Elle ne tient compte « que » de 15 facteurs de risques tels que le nombre de fruits/jour, alimentation avec ou sans légumes, sel, sucre raffiné, oméga3…

Une mauvaise alimentation nuit donc gravement à notre santé et l’on devrait peut-être envisager de coller sur les emballages des denrées vendues dans les grandes surfaces les mêmes étiquettes que sur les paquets de cigarettes ! « Ces lasagnes donnent le cancer ».

Mais, me direz-vous, comment définir la malbouffe ? Surtout lorsque l’on connaît les fortunes que les grands de l’agro-alimentaire dépensent en lobbying et en publicité pour nous convaincre que leurs petits plats sont garants de notre santé. « Enrichi en oméga 3 », « Sans nitrites », « 5% de sel en moins »…
Pour beaucoup d’entre nous, la malbouffe commence et s’arrêtent dans les points de vente des Big Beurk’ers ou à l’alimentation hyper pizzaté et soda-ïsée des ados. Elle se définit tout au plus par l’abus de frites, de friandises, de boissons sucrées, voir – et c’est un paradoxe – par une alimentation trop riche comme celle des « nantis » qui déjeunent et dînent tous les jours au restaurant avec force plats en sauce et vins millésimés.

Et pourtant. Combien sommes-nous à manger quotidiennement 5 fruits et légumes, à faire quelques repas végétariens par semaine, à consommer des produits Bio ou dont la teneur en éléments nutritifs et garantie ?
Combien sommes-nous, au contraire, à ne nous nourrir exclusivement que de produits achetés en grande surface ? Et pire, en magasins discount dont on sait la propension à nous refourguer des « choses » trop salées, trop sucrées, trop grasses, trop pleines de ces petits composants qui ont la fâcheuse propriété de diminuer jusqu’à l’illisible la police de caractère des étiquettes qui nous (dés)informent sur le contenu du paquet…

Considérant qu’une mauvaise alimentation induit également une baisse de notre immunité, de la capacité qu’a notre organisme à se défendre contre les maladies (lire cet autre article**), nous pouvons également nous interroger sur les effets de cette malbouffe lors d’une pandémie comme celle que nous traversons. À combien pouvons-nous estimer le nombre de morts attribués à la Covid pour cause d’immunité trop basse ou de co-morbidités dues à une dépendance aux quiches de Marie ou au jambon de Monique ?

Les lits de réanimation manquent ? Mais si, pour commencer, nous ne les encombrions pas inutilement en mangeant mieux, en ne livrant pas nos foies, nos cœurs, nos estomacs, nos artères à ces criminels de l’agro. Si nous décidions de ne plus mettre les pieds dans leurs gigantesques magasins pour retourner acheter notre nourriture directement chez ceux qui la produisent… Nous aurions sans doute plus d’énergie pour demander à notre Président de changer – entre autre – sa politique de destruction massive de la santé publique et de mettre en place une politique de sanction pour celles et ceux qui continueraient à vendre des produits toxiques.

Et que dire des moyens financiers colossaux pour panser nos écosystèmes meurtris pas l’agriculture intensive, par l’utilisation de substances chimiques (ne comptez pas sur moi pour utiliser le terme « phytosanitaire »…) destructrices de biodiversité et génératrices de pathologies de plus en plus sévères et nombreuses (cancers, maladies auto-immunes, Parkinson, Alzheimer…), pour dé-macadamiser les sols occupés par des galeries commerciales gigantesques et privés de leur capacité d’absorption laissant les rivières déborder et tout ravager sur leur passage lors de gros événements climatiques ?

Non décidément, ce n’est pas le vrai prix et ce ne sont pas de bonnes choses.
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* https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)30041-8/fulltext
** https://nutritionj.biomedcentral.com/track/pdf/10.1186/1475-2891-13-61.pdf

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